• Insolite : les moineaux de La Rochelle sont trop gras, voire obèses

     

    Insolite : les moineaux de La Rochelle sont trop gras, voire obèses

    Le moineau dit domestique, Passer domesticus pour les intimes, est normalement insectivore au nid, puis granivore, voire fructivore quand il vole de ses propres ailes. Assurément pas « sandwichivore », « burgerivore » ou « kebabivore ». Mais le moucheron et la coccinelle se raréfiant dans nos villes aseptisées et « insecticidisées », le moineau n'a plus grand-chose à se mettre sous le bec.

    Et on le voit donc de plus en plus rôder autour des aires de pique-nique ou des restaurants pour pépier quelques miettes. « J'ai essentiellement mené mon étude près des fast-foods de La Rochelle », explique Alizée Meillère, doctorante, qui vient de soutenir sa thèse, « Les effets de l'environnement sur une espèce sentinelle en Poitou-Charentes ». Une petite population à La Rochelle, une autre à Niort et deux groupes de passereaux en zone rurale, histoire d'avoir des éléments de comparaison.

    Trois ans d'études pour arriver à la conclusion que, comme nombre de citadins, le moineau domestique mange trop gras. « L'oisillon au nid a besoin de protéines et non de glucides. Or, comme les adultes ne trouvent plus d'insectes, ils donnent la becquée à leurs petits avec les restes d'alimentation humaine. Des restes qui contiennent trop de graisses. »

    Taux de cholestérol

    Des reliefs gorgés de ketchup ou de jus de viande. Sans parler de la fameuse huile de palme de certaines pâtes à tartiner. C'est un peu comme si, au lieu de donner le biberon à nos nourrissons, nous les gaverions de rillettes ou de langue de bœuf sauce madère.

    Résultat : les petits piafs sont trop gros, voire obèses, puis fragilisés quand ils deviennent adultes. Avec sans doute une baisse de la fertilité et une mortalité des jeunes croissante. « Nous allons continuer nos travaux en mesurant les taux de cholestérol », poursuit la jeune scientifique, inscrite à l'université de La Rochelle et installée au centre d'études biologiques de Chizé (79).

    Ainsi, voilà donc que notre malbouffe entraîne la malbouffe des moineaux, fidèles compagnons des hommes depuis des millénaires. Et leur déclin semble aujour- d'hui inexorable en zone urbaine. « Mais il n'y a pas qu'un problème d'alimentation. On pense aussi aux pollutions sonores, lumineuses, chimiques », ajoute Alizée Meillère, qui a également suivi une population rochelaise de mésanges charbonnières et de merles, « dans ce cas précis essentiellement pour mesurer la présence de polluants comme les métaux lourds dans leur alimentation ».

    Faut-il pour autant cesser d'alimenter les oiseaux en hiver ? « Non, parce qu'en hiver, ils ont du mal à trouver des graines au moment où ils en ont le plus besoin. Le problème se pose au printemps en période de nidification et d'alimentation au nid. »

    Cela dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les moineaux de ville sont peu à peu remplacés par les opportunistes et plus résistants pigeons ramiers, qui ne sont pas les derniers pour nettoyer les trottoirs du moindre quignon de pain et aussitôt de le resalir de leurs fientes. Et tant qu'à s'intéresser au taux de cholestérol ou aux triglycérides de nos amies les bêtes, il serait peut-être bon de faire un petit tour dans les zoos où les visiteurs gavent girafes et éléphants de pop-corn caramélisés et de friandises.

    source

    « La Rochelle a été choisie pour accueillir la 12ème édition des Assises de l’économie de la merLa Rochelle rends hommage aux victimes des attentats »

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